A la climatisation de l’avion succède la chaleur moite et étouffante du Cambodge en fin de saison des pluies. Comme j’aime les défis, j’ai gardé mon sweat et mon blouson. Température corporelle : 52 000˚ Farenheit. Non je n’ai pas perdu les eaux, je transpire !
Déjà l’impression d’être plongé dans quelque chose que je ne comprends pas, balancé dans le tambour d’une machine à laver. Paumé. Le bruit, la chaleur et la poussière s’emparent de tout. Ça y est, j’ai les mains dégueulasses, comme si j’avais acheté des cd d’occaz’ toute l’après-midi. Je prends mes premiers gaz d’échappement en pleine face, dégueulés par une bagnole pourrie et bruyante. Ma ventoline est au fin fond de mon sac. Dommage.
Commence alors l’inévitable ballet des tuk-tuk (THE moyen de transport du Cambodge, sorte de charrette améliorée tractée par une mobylette rugissante). « Tuk tuk Sir ? Tuk tuk ? tuuuuuuuuuk tuuuuuuuuuuuuuk ???? » (Petit détail pratique, ils vaut mieux sortir des enceintes de l’aéroport pour ne pas se faire assassiner sur le prix), (De rien). Ils sont nombreux, je ne sais pas lequel prendre. Béni des dieux à la naissance, je choisis évidemment le seul Tuk-tuk de Phnom Penh et probablement de l’histoire du Cambodge qui tombera en panne en plein milieu d’un boulevard fréquenté par 163 000 mobylettes, tuk-tuk, vélos, 4X4, motos, et j’en passe, qui préféreraient vendre leur mère plutôt que de freiner. Ou même faire semblant de freiner. Sueurs froides. C’est aussi à ce moment que je serai témoin d’un vol à l’arrachée. De quoi rassurer mon âme d’aventurier. Alors que pendant ce temps, le soleil brûlant du Cambodge décapait tranquillement ma nuque avec l’efficacité d’un peintre polonais.
Résultat : 10 minutes de Cambodge, 1 panne (de tuk-tuk hin), 1 coup de soleil, 1 crise d’asthme. (J’ai écrit ce mot sans checker Wikipedia. Amazing !). Ah oui, et sinon j’ai nulle part où dormir. Cambodge 4, Pierrot 0.
La coloc du bonheur
Guesthouse ce sera donc pour moi ce soir. Il faut savoir qu’au Cambodge les guesthouses fleurissent un peu partout et vous proposerons, pour une somme plus que modique, un logis plus que respectable. Confort : moins bien qu’un hôtel, mieux qu’un trottoir. Modique somme certes, mais je ne vivrais pas ici pendant un an. Il me faut une coloc !
Heureusement, grâce à la magie du internet, j’ai un plan. Premier «Winning» de la journée. Rendez-vous fixé à 18h30. Je suis bien propre sur moi, histoire de faire bonne impression. Je pose un pied dehors. Un orage éclate. Pas un orage de rigolo. Un orage de compèt’. Il faudra bien pourtant le traverser, contraint de revêtir, à contre coeur, le « Kway »local, un grand sac plastique (disponible en plusieurs coloris) qui vous fait inévitablement et invariablement ressembler à un préservatif géant. Goût banane. Rapport à la couleur.
«Avec la pluie, Phnom Penh se change en ville aux mille pénis colorés» aurait sans doute écrit Malraux entre deux pillages de temples. J’imagine.
Me voilà finalement à monter les marches de ma future colocation. Le coeur battant. On ne sait jamais vraiment sur qui on va tomber. Un pervers, un vicieux, ou pire, un mec qui aime prendre les pieds en photo.
Mais rien de tout ça ne m’attend au deuxième étage de cette bâtisse accueillante, nichée dans un quartier tranquille du Sud de la capitale près du boulevard Mao Tsé toung (WTF ?)
Je pose les questions de rigueur sur l’eau, l’électricité, le gardien, les trousseaux de clés, mais soyons honnêtes la seule question que j’ai vraiment envie de lui poser c’est «Et sinon toi, t’aimes prendre l’apéro ?». Je ne la poserai pas. En 10 minutes l’affaire est pliée. Le gars est super sympa. A part qu’il mesure 2 mètres et qu’il fait passer mon corps pour une erreur. Du coup, c’est forcément plus difficile de draguer.
Mais tout dépend du niveau d’exigences évidemment.
Peu importe, mon 1er objectif est rempli. Prochaine étape, un boulot !
Yeah Pierre, tu donnes du rêve. J'ai beaucoup rigolé avec la citation de Malraux. Clém S.
RépondreSupprimerVieux lapin de pâques, ça me rappelle un truc le coup du vicieux qui kiffe les pieds, ça vient d'où?
RépondreSupprimerHaha ! Malraux et les peintres Polonais te remercient. Et pas qu'eux d'ailleurs ! Hâte de lire la suite.
RépondreSupprimerBisous.
C'est cool d'avoir de tes nouvelles pierrot...
RépondreSupprimerOn pense bien à toi...
Vive l'arc en ciel de pénis sous la pluie
Hé Rico, c'est Johanna. Tu es beau dans ce k-way. Donnes moi ton mail dans le prochain numéro, je ne l'ai pas.
RépondreSupprimerBoulevard Mao tsé toung ( WTF?)!!!! tu m'as fait bien rire. love dude BARAT
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