lundi 14 novembre 2011

Le guide du routard m'a tuer...



Le voyage s'est concrétisé au dernier moment. Impossible de répondre à quelques questions essentielles avant un départ. Au Cambodge en ce qui me concerne. Pour un an. Je dis un an sachant parfaitement que mon compte en banque aurait tendance à faire pencher la balance en faveur des 6 mois. Ma propension à prendre l'apéro à réduire cette même durée de moitié.


«Bref»

Je n'avais pas encore un pied dans l'avion que c'était déjà la panique. Deux semaines de préparation, c'est court. Évidemment, pas le temps de faire les démarches nécessaires. Appeler des assurances. Trouver une assurance. Appeler Orange. Expliquer à Orange qu'on veut partir. Faire la queue dans une agence Ratp. Expliquer que le métro c'est fini. Aller chez le dentiste. Expliquer que les piqûres on n'est pas trop fan. Beaucoup d'explications. Trop en fait. Et la liste est longue. Plus embêtant encore, je n'avais pas le temps de faire les vaccins recommandés. Certains d'entre eux semblaient pourtant assez utiles : «L'encéphalite japonaise sévit en permanence mais surtout par épidémies en période de mousson. C'est une maladie grave (1/3 de décès, 1/3 de séquelles neurologiques). Il existe depuis avril 2009 un vaccin - enfin - bien toléré, recommandé aux expatriés, voyageurs fréquents et touristes se rendant en période de mousson dans les pays situés au-dessous d'une ligne reliant le Bangladesh et le Sud sibérien, jusqu'au Queensland au sud. Deux injections (J0-J28) ; disponible en centres de vaccinations internationales et en pharmacies (sur prescription). Prix public conseillé : 88€ chaque dose!»

Bon, dans ce relatif chaos, je gérais quand même pas trop mal. Pas trop mal jusqu'à ce que je tombe sur LE paragraphe qui tue dans le guide du Routard, intitulé comme suit: «Sac à dos ou sac de voyage?»
«Ce chapitre est rendu nécessaire par la querelle entre deux écoles : les partisans du sac de voyage, et ceux du sac à dos. Tout d’abord, il y a quelque chose à ne pas négliger quand on voyage : ce sont les apparences ! Si vous portez un sac à dos, on vous collera aussitôt une « étiquette » de voyageur fauché ou de hippie… ce qui n’est pas toujours très favorable pour entrer en contact avec la population ou passer devant les douaniers.»
C'est à ce moment que le doute s'est installé. Avec le doute, les questions. Et je commençais sérieusement à peser le pour et le contre. Quels sont les avantages, aujourd'hui, à être pris pour un hippie? Évidemment, c'est plus facile pour fumer du crack. Ou se faire prêter un album de Bob Dylan. A la rigueur.
A en croire le Routard,un sac Quechua acheté au moins 70€ chez Decathlon allait me faire passer pour un hippie. Les gars du Routard ne devaient pas être à Woodstock. Moi non plus d'ailleurs. C'est pourquoi le doute planait. Un peu.
Sans aller jusqu'à brûler le guide - les rubriques où manger?/où dormir? présentent objectivement un intérêt, et aussi j'aime bien me foutre de la gueule du type qui louche en quatrième de couverture - je décidais de le laisser de côté. Le temps de digérer l'histoire. C'est légitime.

Mais le temps filant, le jour du départ est arrivé très vite. A peine le temps de dire au revoir à tout le monde que je me retrouvais dans l'avion pour un voyage de 12 heures à côté de l'homme le plus bavard du monde. C'est con, ils passaient un film avec Cameron Diaz.
Finalement, après toutes ces vicissitudes (mot compte triple), j'arrivais bien vivant en terre cambodgienne. Bien sûr, je ne manquerai pas de vous faire partager mes aventures, privilégiant évidemment les histoires d'alcool et de prostitution.

La suite au prochain épisode.

Ps : Ah oui, finalement j'ai choisi le sac à dos. On sait jamais, on peut toujours avoir envie d'écouter du Bob Dylan. En soirée.


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